L'Abîme des morts vivants - 1983

L'Abîme des morts vivants - 1983
(La Tumba de los muertos vivientes)

Origine : France / Espagne
Genre : Horreur / Zombie

Réalisé par Jesus Franco.
Avec Manuel Gelin, Eduardo Fajardo, Lina Romay, Antonio Mayans, Javier Maiza, Albino Graziani.

Aujourd'hui nous n'allons pas parler d'une quelconque bisserie grivoise ou d'un chef d'oeuvre oublié dégoté dans un vidéo-club hors d'âge tenu par un vieux cinéphile bourru, mais d'un de ces films qui sont passés à la postérité pour avoir marqué le cinéma par le mauvais bout. Oui, je parle bien d'eux, ces oeuvres tellement lamentables qu'elles furent scarifiées de la mention "pire film de..." à une époque où Torque n'avait pas été tourné. Tels ces cancres sans espoir de rédemption qui prennent le chaud près des radiateurs des salles de cours, les "pires films de..." ont beau être singulièrement mauvais - et ce serait manquer de sens critique que d'affirmer le contraire -, ils ne parviennent néanmoins pas à se faire détester.
L'Abîme des Morts Vivants, tourné par le bon vieux Jesus Fran... je veux dire l'obscur A.M. Frank, est un peu de ce bois-là. Montré du doigt comme pire film de morts vivants jamais tourné, cet Oasis of the Zombies est effectivement complètement brinquebalant. L'éclairage est catastrophique, la réalisation comme le montage sont chaotiques, les acteurs lamentables, les effets spéciaux douloureux, la musique entêtante et on y trouve une bataille "historique" que je soupçonne d'être construite en stock-shots.
Quant à l'Abîme du titre français, nul doute que des pages entières de scénario durent y choir, tournoyant dans ce trou sans fond pour l'éternité. Mais à l'instar de Plan 9 From Outer Space, qui comme chacun sait fut catalogué en son temps pire film de l'histoire du cinéma, l'Abîme des Morts Vivants a beau être intrinsèquement tout naze, il attire cette sorte d'indulgence attendrie faisant que malgré tout, on l'aime bien tout au fond de soi sans oser l'avouer tout haut. Oui, ben moi je suis de ceux qui prennent des risques, d'ailleurs, quitte à partir en de hautes et osées références culturelles, je dirai que le Lac des Morts Vivants, que Franco co-tourna avec Jean Rollin est au moins aussi nul si ce n'est plus, sans inspirer la même sympathie que son confrère du désert.

L'Abîme des morts vivants - 1983 L'Abîme des morts vivants - 1983 L'Abîme des morts vivants - 1983

Histoire rapiécée à la colle de quatre étudiants recherchant un trésor nazi gardé par des morts-vivants, Oasis of the Zombies s'inscrit tant bien que mal dans une volonté affichée de faire envers et contre tout un cinéma de genre respectueux et sérieux. C'est sans doute ce qui "sauve" ce film, qui quoiqu'on en dise se concentre sur son sujet, sans en faire un prétexte à de l'érotisme de mauvais aloi – comme dans le Lac -. Il y a bien une scène cadrée sur les fessiers de deux jeunes filles moulées dans des minishorts ou quelques nudités tout à fait inoffensives, mais l'Abîme des Morts Vivants, c'est avant tout la course à ce trésor perdu, que les gouffres du scénario ne rend que plus rocambolesque.
C'est ce désert, vaste et majestueux, qui respire une histoire millénaire, les affrontements sanglants et le mystère enfoui qui confèrent toute son aura à l’Abîme des Morts Vivants. Certes, l'histoire millénaire est assurée par un Sheikh moustachu qui tente d'avoir l'air digne avec sa djellaba, les affrontements sanglants sont constitués de stock-shots raccordés au petit bonheur et le mystère enfoui est tellement enfoui qu'on se demande le générique arrivé de quoi finalement il en retournait, mais le dépaysement est là et Franco, se rappelant soudain qu'il fut bon faiseur, profite de ce lieu si particulier pour soigner un plan ou deux. Belles scènes - ou les moins pires - sont celles où nos Zombies se promènent sur une dune, le dos au crépuscule.
L'Abîme des Morts Vivants tombe évidement dans le ridicule plus qu'à son compte, notamment lors de dialogues à tomber à la renverse ou tout simplement sur le seul fait de ses macchabées revenus de trépas, se déplaçant sous terre comme des taupes, marchant leeeeentement vers leurs victimes trop terrorisées pour bouger ou affublés de designs burlesques.
Reste que tout mauvais soit-il, on ne s'y ennuie pas, et telle une illustration plus ou moins réussie de la méthode Corman, il s'y passe toujours quelque chose. Au final, Jesus Franco a beau ne pas aimer les Zombies, sa tentative d'apporter quelque chose au genre n'en reste pas moins dotée d'un capital de sympathie lui permettant de rejoindre le panthéon de ces films honteux qu'on a honte d'apprécier.

L'Abîme des morts vivants - 1983 L'Abîme des morts vivants - 1983 L'Abîme des morts vivants - 1983

Note : 5,5/10
Moyenne des votes : 3,9/10 (4 votes)

Le Cénobite Cinglé !



Avis des visiteurs :

# Jamais le cinéma fantastique français n'était aller aussi loin dans la connerie. Il ne pourra jamais faire mieux ! Même Ed Wood doit se retourner dans sa tombe tant il doit être jaloux de ne pas avoir réaliser cette "perle"...

Note : 0/10 (Val)

# Alignant plans foireux et tremblants, dialogues ahurissants et scénario totalement absent, L'Abîme des morts vivants a eu vraiment du mal à captiver mon attention et ce malgré le côté risible de l'ensemble. Moi aussi je retiendrai surtout les quelques belles images des revenants en haut de collines de sable avec le jour qui commence à se lever en arrière plan... mais c'est vraiment tout.

Note : 4/10 (.: gregore :.)

# Lorsque l'on voit un ensemble si compact de crachats sur une oeuvre on ne peut que se dire deux choses. D'abord que si l'oeuvre est mauvaise elle est fortement populaire ce qui peux paraître étrange de prime abord. La seconde chose, c'est que l'oeuvre ne laisse pas indifférent puisque a qui mieux mieux sur le net j'ai trouvé une myriades de critiques la descendant à bout portant. Ce constat fait je ne tenterai pas de sauver le film pour autant, mais minimiser ses lacunes. D'abord le synopsis promettait beaucoup, une histoire de S.S. morts gardant le fameux trésor des nazi dans une oasis.
Bien sur le montage est approximatif et certaines parties sont élyptiques même pour l'époque. les décors sont restreints (il n'y a dans ce désert qu'une seule dune qu'on filme dans des angles différents), bien sur les effets de lumière censés représenter le jour et la nuit ont un effet désagréable, bien sur les acteurs sont dans l'ensemble plutôt mauvais (et un minimum de recherche sur les uniformes allemands de la division de Rommel n'aurait pas été un mal - Nos amis morts-vivants ne ressemblant pas un seul moments a des nazis).
Mais cela ne justifie pas pour autant un 0/10. Les mauvais cotés du film prêtent à rire plutôt qu'à pleurer. Et on sait quelles sont les conséquences de la vision d'un low budget dans ce genre de film. L'histoire est sommes toute divertissante et originale par rapport à ce genre, l'idée par exemple de faire des morts-vivants allergiques au soleil est assez marrante. Les effets spéciaux donnent au final quelque chose de plutôt artistique et je suis persuadé que le résultat final est une volonté de Jess Franco (mêlé évidemment au manque d'argent mais tout de même). D'ailleurs il reconnaît lui même qu'il a jamais rien vu de plus con qu'un mort-vivant et que de ce fait il fallait qu'il trouve un scénario ou ceux-ci restaient toujours au second plan. En conséquences un 6/10 bien pesée (comprendre voté en mon âme et conscience) car sincèrement des films ennuyeux et mauvais j'en ai vu des tonnes et largement plus catastrophique que ça !

Note : 6/10 (Omega 21)

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