Amazonia, l'esclave blonde - 1985

Amazonia, l'esclave blonde - 1985
(Schiave bianche : violenza in Amazzonia)

Origine : Italie
Genre : Horreur / drame

Réalisé par Mario Gariazzo.
Avec Elvire Audray, Will Gonzales, Dick Campbell, Andrea Coppola.

Catherine Miles est jugée pour double homicide. Mais son cas est spécial : les meurtres qu'elle a commis ont achevé une période de captivité, au sein d'une tribu de coupeurs de têtes d'Amazonie, qu'elle pensait responsable de la mort de ses parents, alors qu'elle et eux se promenaient gaiement sur le fleuve local. En captivité, elle a fait face à quelques humiliations, mais elle a aussi rencontré Umukai, un fringant indien qui tentera de gagner son amour... C'est sa propre histoire que Catherine raconte au tribunal.

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Vendu parfois sous le titre Cannibal Holocaust 2, ce film est une escroquerie. Tout comme le film de Deodato, le truc de Gariazzo nous présente l'histoire comme la reconstitution d'évènements qui se sont réellement produits. D'ailleurs le début commence bien : on s'esbaudit devant l'amateurisme des acteurs et de la réalisation (qui cependant n'a ici pas l'excuse d'être un reportage comme dans Cannibal Holocaust), on se dit qu'en tout cas on va bien rire, puis s'ensuivent quelques scènes vaguement gores, notamment une flèche dans un oeil. Puis la fille est capturée, et on s'attend aux pires humiliations, sexuelles principalement. Erreur. A partir de là, le vide. Plus de gore, pas d'humiliations. C'est que la tribu est gentille.
Le scénario commet l'erreur incroyable pour un bis italien de se concentrer sur une étude anthropologique, où l'on nous décrit la vie de la tribu à travers les yeux de l'occidentale, qui sera amenée à réaliser que la vie au grand air c'est pas mal, et qu'ils ne sont pas si vilains que ça, les Indiens d'Amazonie. Surtout Umukai, avec qui elle vivra une histoire d'amour qui traînera en longueur et en niaiserie (voir en cela la dernière scène du film, avec une Catherine mère de famille, mais qui pleure le souvenir de son sauvage premier amour).
En guise d'humiliations, tout juste a-t-on droit à un pieu judicieusement enfoncé dans la fille, en guise de symbole de l'imminente perte de la virginité. Perte qui ne sera même pas forcée, et qui en plus interviendra à la toute fin, sans que l'amateur d'érotisme n'ait grand chose à se mettre sous l'oeil, d'ailleurs. On se retrouve donc comme des cons devant la petite vie monotone de cette tribu, de ses rites et bla bla bla... L'intervention de la tribu ennemie, des cannibales, aurait pu être sympathique et aboutir à quelques combats bien sentis, bien gores. Mais non. Deux minutes de crêpage de chignons entre les combattants des deux tribus, et basta. Vraiment pas de quoi remplir un film. D'ailleurs du coup, le réalisateur passe son temps à meubler avec des stock-shots mal foutus de paysages et des animaux de la forêt.
Et bien sûr, ce sont des stock-shots, il est donc hors de question de faire intervenir la faune. Si ce n'est pour un crocodile qui se casse vite fait une fois son indien croqué, et un serpent qui mord, ce qui va provoquer une grande scène d'émotion pour les protagonistes, ainsi qu'un bâillement poli chez le spectateur. Alors évidemment ce dernier s'emmerde. Les voix off, Catherine, le juge et les avocats qui s'expliquent au tribunal, servent clairement à dynamiser un peu le tout, car sinon force est d'admettre que les dialogues seraient inexistants, eu égard à ce que Catherine ne parle pas le dialecte de la tribu.
Enfin ne soyons pas mauvaise langue, il y a quand même une fille qui parle un peu sa langue, après avoir été en mission pendant un temps, nous dit-on... Oué. Enfin de là à enseigner à Umulai à parler l'anglais (ou l'italien, ou le français, selon la version que vous regardez), il y a quand même un pas... Bien sûr, une telle hérésie scénaristique pourrait paraître futile dans un bis italien... Oui, sauf que là môssieur Gariazzo a l'air de se prendre pour un auteur, alors jugeons-le comme tel. C'est catastrophique. Et même pas suffisamment bâclé pour être marrant...
Bref c'est une bouse ennuyeuse et trompeuse, qui ne mérite pas de s'appeler Amazonia, l'esclave blonde, et encore moins Cannibal Holocaust 2.

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Note : 3/10
Moyenne des votes : 4/10 (2 votes)

Walter Paisley



Avis des visiteurs :

# Je souhaite apporter une réponse à Mr Walter Paisley pour sa critique du film Amazonia l'esclave blonde de Mario Garazzio en étant " un peu plus nuancé ". Ce film est certes une mine d'or des erreurs à ne pas commettre, tant sur le plan scénaristique, que le jeu d'acteur, les effets spéciaux, les maquillages, et même la réalisation ! Mais n'oublions pas qu'il date de 1978 et qu'il fut interdit en salle aux moins de 18 ans... certains dessins animés actuels sont bien plus "effrayants". Pourquoi ne pas rire devant ces indigènes aux ongles bien coupés aux corps huilés et dénués de poils disgracieux, on a voulu nous montrer un peu d'esthétisme de l'époque dans un monde de brute filmé avec les moyens de l'époque". Il y a tout de même un joli petit suspense lorsque Adari est jetée au fleuve dans une barque... l'impuissance de Catherine face au destin représenté par le fleuve qui coule... certes c'est super cucul et mal filmé mais c'est là...
Vous n'avez pas non plus mentionné le fait que suite à l'attaque des indiens fantômes... Umukai rentre au village sans la tête de l'adversaire qu'il vient de vaincre... ni les préparations / paiement grossières et sans finesse tel l'attachement de Catherine à la vie lorsqu'elle se remémore les paroles de son père avant qu'il ne meure... J'ai tout de même apprécié le sentiment de domination Chef / Umukai, Umukai / Chef, Homme / Femme, femme moderne / homme primitif où tout se fait en silence et avec un regard et une gestuelle, ce qui nous change des dialogues lourds et omniprésents mais pourtant nécessaires pour la compréhension de l'histoire.
Une autre idée que je trouve pertinente est d'avoir fait jouer de la flûte au personnage de Catherine, ça relance le rythme et la "profondeur" de l'histoire et les airs de flûte du film sont à peu près les seules musiques qui nous procurent une émotion presque véritable. Le fait également que Catherine ait des bases de médecine à la Christian Clavier dans les Bronzés font du ski (d'ailleurs on pourrait se demander si ils n'ont pas été pêché ça dans ce film !) permet d'aider Catherine à accéder au rang de femme de la tribu. On reste également sur notre faim lors de la caricature de plaidoirie, essayant de sensibiliser les jurés de sexe féminin ainsi que le spectateur et qui aboutit sur une "aliénation mentale temporaire" qui arrange tout le monde et la cerise sur le gâteau revient à la Happy new life expliquée et imagée...
Pourquoi ce film a t il été interdit en salle aux moins de 18 ans à l'époque ? Pourquoi est-ce que maintenant il est seulement interdit aux moins de 16 ans ? La jeunesse actuelle arriverait elle à reconnaître un film marrant d'un véritable film insoutenable ? Je pense que ce film a dû, comme la plupart des films, être écrit avec une envie de plaire à un maximum d'attentes et malheureusement, c'est un Nanard de bas étages ! Mais comme tous les dégoûts sont dans la nature... il existe des amateurs, ou des étudiants en Nanards et quelle joie pour eux de pouvoir bénéficier d'un tel chef d'oeuvre ! J\'adhère tout à fait à l'analyse de monsieur Paisley mais c'est justement pour ces raisons que je conseille cet "excellent" film qui est une mine d'inspiration et de travail pour se surpasser à faire beaucoup mieux...

Note : 5/10 (Pinkytong)

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