L'Antéchrist - 1974
(L'Anticristo)
Origine : Italie
Genre : Horreur
Réalisé par Alberto De Martino.
Avec Carla Gravina, Mel Ferrer, Arthur Kennedy, George Coulouris, Alida Valli, Mario Scaccia, Umberto Orsini, Anita Strindberg, Ernesto Colli, Remo Girone, Lea Lander.
Ippolita, la fille du prince Massimo Oderisi, est paralysée à la suite d'un tragique accident de voiture dans lequel sa mère est morte.
Un spécialiste persuadé que la paralysie de la jeune femme est de nature psychologique décide de l'hypnotiser, mais lors de la séance la régression va trop loin !
Au début des années 70 suite au succès du film de Friedklin, possession, exorcisme et démons étaient devenu des termes à la mode, leur évocation suffisait à faire apparaître les dollars. Ainsi par l'odeur (de souffre) alléché, de nombreux producteurs en profitèrent pour sortir illico toute une série d'imitations. Evidement les Italiens ne furent pas les derniers, c'est ainsi qu'Alberto de Martino ("Opération Frère Cadet" une parodie des James Bond avec le frère de Sean Connery) se voit offrir illico la réalisation de "l'Antéchrist", histoire de battre le crucifix tant qu'il est chaud.
Le film nous présente Ippolita, interprété par la bellissima Carla Gravina (pas de doute le diable à du goût), une jeune femme qui suite à un accident de voiture va perdre non seulement sa mère mais aussi l'usage de ces jambes. Souffrant d'un fort complexe oedipien et n'ayant pas encore découvert les délices de la chair, la belle légèrement frustrée va devenir la proie idéale pour les forces du mal. Le scénario va alors accentuer le côté sexuel du film de Friedklin, la jeune adolescente qui découvre sa sexualité étant remplacée par une jeune femme sexuellement sevrée et qui refuse que son parent le plus proche puisse lui aussi avoir une sexualité (surtout avec une autre !).
Obligé de respecter le cahier des charges imposé par la production (lévitation, jet de vomis, insanité, curé,...) De Martino s'acquiert de sa tache avec professionnalisme, mais il faut bien l'avouer la plupart des scènes se référant directement à l'original sont ratées ou sans inspiration. En effet à force de vouloir jouer la surenchère celles-ci en deviennent risibles. Linda Blair lévitait au-dessus de son lit, Carla Gravina fait de même mais en plus passe par la fenêtre fait un tour dehors et rentre par une autre, la scène est ridicule et surtout les SFX minables. Pourtant le pire est à venir, quand la main de la pauvre possédée se détache pour étrangler un pseudo exorciste, le tout réalisé à l'aide d'effets optiques digne des beaux jours de l'ORTF. Heureusement tout cela va devenir plus intéressant lorsque le réalisateur décide de se démarquer à sa manière (latine) de l'original.
Le film commence par une impressionnante séquence ou la jeune femme essayant de retrouver l'usage de ces jambes se présente devant une icône religieuse censé guérir par simple contact, évidemment cela ne marche pas ! Le réalisateur restitue bien l'ambiance quasi hystérique qui règne dans ce genre de lieu où se mélange délire, fanatisme et ferveur religieuse. Par la suite c'est lors d'une réception qu'un docteur propose d'utiliser une régression par l'hypnose pour guérir ce qu'il pense être un blocage psychologique, évidemment la séance tourne mal, la régression va trop loin et Ippolita fait connaissance avec l'une de ces ancêtres qui tirait le diable par la queue (je sais c'est facile !).
Evidemment tous ces échecs préparent inconsciemment la jeune femme a recevoir la visite de qui vous savez. Pendant qu'elle se caresse de désespoir nue sur son lit en regardant la photo de son papa, qui parallèlement fait l'amour avec sa maîtresse (Anita Strinberg pas mal non plus), d'étranges phénomènes commencent à se manifester. Les murs de la chambre changent de couleur (très bel effet optique !) et la jeune femme se retrouve transportée dans la peau de son aïeul au milieu d'une cérémonie païenne tendance paganisme / orgie / partouse (aujourd'hui on appelle cela une "Rave"). Elle va se livrer à diverses fantaisies avec notamment La scène cul(te) du film, mieux que "Basic instinct" et la foufoune de Stone, voici le léchouillage d'anus de bouc (voila pourquoi les possédées ont toujours mauvaise haleine !).
C'est au cours de cette expérience qu'elle finira enfin par connaître les plaisirs charnelles avec un homme portant un masque de bouc (décidément). Non seulement c'est une des meilleures scènes du film, comme tous les autres "flash-back", mais en plus elle est esthétiquement réussie (par moment on dirait une peinture), grâce à la superbe photographie d’un Joe d'Amato en grande forme (apparemment meilleur directeur photo que réalisateur).
Si la possession lui a rendu l'usage (momentané) de ces jambes, elle a aussi quelques effets secondaires. Comme va le remarquer son entourage lors d'un dîner particulièrement folklorique ou les meubles vont bouger tout seul et les tableaux se détacher des murs pour flotter dans la pièce. Particulièrement perplexes sa famille va mettre du temps a accepter la possession d'Ippolina, alors que son apparence physique se détériore de plus en plus. Après plusieurs tentatives infructueuses dont un pseudo exorcisme (voir plus haut), il faudra l'intervention d'un moine (ressemblant au moine qui guérit son aïeul) pour venir à bout du démon.
Suivant les archétypes du genre le film se conclu donc par l'inévitable séance d'exorcisme. Mais De Martino va de nouveau utiliser une petite astuce pour ce démarquer de son modèle, en effet ayant retrouvé l'usage de ces jambes lors de la cérémonie, Ippolina en profite pour s'échapper et se réfugier dans les décors historiques et magnifiques du Colisée. C'est dans ce cadre grandiose que la possédée trouvera la rédemption en embrassant une croix, comme le fit son ancêtre des années plutôt. Cette séquence est particulièrement réussie, filmée de nuit sous la pluie, c'est une scène de toute beauté qui apporte une petite touche d'originalité.
De Martino signe donc deux films en un, d'abord le plagiat pas toujours inspiré et en même temps une déclinaison plus originale dans laquelle il utilise les poncifs d'usage qu'il assaisonne à sa manière, c'est évidemment cette deuxième partie qui est la plus intéressante. Si le film de Martino est loin d'être un chef d'oeuvre c'est une oeuvre agréable et soignée qui a cette "patine" typique des films italiens des années 70 (surtout les gialli), décors magnifiques (le hall d'entrée rouge avec les têtes de statues, la bibliothèque,...), photographie soignée, belles actrices, le tout teinté d'une forte ambiance gothique.
Note : -/10
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The Omega Man
A propos du film :
# Alberto de Martino se frottera de nouveau au démon avec plus de réussite en réalisant sa version de "
La Malédiction", intitulée "Holocauste 2000" avec Kirk Douglas et Agostina Belli.
En plus :
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