Au-delà du désir

Au-delà du désir - 1972
(Delirio Caldo)

Origine : Italie
Genre : Thriller / Erotique

Réalisé par Renato Polselli (pseudonyme : Ralph Brown).
Avec Mickey Hargitay, Rita Calderoni, Raul Lovecchio, Katia Cardinali, Christa Barrymore.

Dans un rade, Herbert Lyutak, psychiatre de profession, boit un verre, le regard fixé sur une fille en mini-jupe se trémoussant devant un juke-box. La jeune femme téléphone ensuite à une copine, elles se rencardent dans une boite de nuit : le Kingsley. Pendant ce temps, Lyutak n'a rien perdu de la conversation et n'a pas cessé non plus de mater les jambes de la fille. Il se propose de la conduire en voiture. En chemin, son visage s'assombrit. Il s'arrête en rase campagne, plonge la main entre les cuisses de sa passagère. Celle-ci prend la fuite, paniquée.
Après une poursuite au bord d'une rivière, rythmée au son d'une musique psychédélique, Lyutak rattrape la jeune femme près d'une cascade et la tue. C'est sa septième victime en l'espace d'un an.
Car Herbert Lyotak est un psychopathe souffrant d'impuissance. Il est marié à Marcia, mais le mariage n'a jamais pu être consommé. Toujours vierge, Marcia n'en éprouve pas moins une passion véritable et sincère pour son mari. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir des pulsions homosexuelles, notamment pour la bonne et d'entretenir une relation orageuse avec son amie Joaquine (qui elle est lesbienne).
En fouillant dans les affaires de son mari, elle trouve un linge tâché de sang, confirmant ce qu'elle avait déjà deviné : Herbert est le tueur que la police recherche. Ironiquement, le psychiatre travaille en collaboration avec les policiers chargés de l'enquête, l'expérience de Lyutak pouvant s'avérer capitale pour dénouer ce genre d'affaires criminelles. Si jusqu'à présent, Herbert s'en est toujours bien sorti, le voilà bientôt dans une situation délicate, dans la mesure où le patron du rade au juke-box vient témoigner au commissariat, assurant que Lyutak était parti avec la victime afin de l'emmener au Kingsley.
De collaborateur, Lyutak devient suspect, tout en faisant preuve d'un sang-froid étonnant. Le voilà donc serré par la police ; mais très vite un nouveau meurtre va le sortir de cette fâcheuse posture.
En effet, une jeune femme est agressée dans un parc. Elle parvient à se réfugier dans une cabine téléphonique et à prévenir la police. Mais l'agresseur parvient finalement à l'étrangler avec le fil du téléphone (notons que le visage de l'assassin n'est pas montré).
Cette fois, Herbert possède un alibi en béton, puisqu'il était en compagnie des policiers au moment du meurtre. Habilement, il fait détourner les soupçons sur l'un des hommes qui se trouvaient sur les lieux du crime, se trouvant être un employé du Kingsley. Mais l'homme en question est un dur à cuire, il était de plus le compagnon de la fille assassinée dans la cabine téléphonique. Dès lors, il va mener sa propre enquête, parallèlement à la police.
Autre élément imprévu : une pièce à conviction retrouvée par une certaine Dorothée Heinrich, indic pour la police, un couteau appartenant à Lyutak. Mais à son tour, la femme va se faire assassiner, lors d'une scène surréaliste dans laquelle l'assassin (dont on ne voit toujours pas le visage) se sera livré préalablement à des jeux SM avec la victime (qui est consentante et en demande de sensations) avant de la noyer dans une baignoire...

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Et la suite des événements va baigner dans une atmosphère irréelle, nimbée de visions hallucinatoires d'orgies sado-masochistes, reflets des phantasmes du couple Lyutak et de Joaquine, l'amie fidèle (et amoureuse) de Marcia. De thriller érotique, le film bascule alors en drame psychédélique, dans une démesure totale conduisant à la mort inéluctable du trio pervers : un final grand-guignolesque, visant à démontrer que la folie et la mort sont deux amants inséparables.
Indéniablement, "Au-delà du désir" est une oeuvre à part, considérée comme un film culte, bien que largement surestimé. Réalisé par Renato Polselli, l'auteur a été responsable de longs-métrages particulièrement dérangeants durant les années 70, dans lesquels il a exposé une sexualité déviante qui était peut-être le reflet de ses phantasmes. Après "Au-delà du désir", on retrouvera une bonne partie du casting l'année suivante pour le non moins étrange "Reincarnation of Isabel". Mais c'est avec des films comme "Oscenita" qu'il poussera les limites en matière d'érotisme. Un érotisme qui, loin d'être ludique, est malsain, sinon extrême. Dans "Au-delà du désir", à l'exception des policiers, la majorité des personnages sont des prétendants potentiels à la camisole chimique. Et, s'il n'est pas condamnable en soi de réaliser ses phantasmes par le biais de la pellicule, encore faut-il maîtriser son sujet et faire preuve de rigueur. Ce qui n'est pas le cas ici, avec une direction d'acteurs approximative (parfois, on dirait du Bénazéraf sous acide), des raccords proches de l'amateurisme, etc... Le problème est que, dans le passé, Polselli avait prouvé qu'il pouvait être un bon cinéaste. Sa démarche est donc regrettable, voire condamnable.
Avec le recul, "Au-delà du désir" se regarde avec l'oeil de la curiosité. Malgré tous ses défauts, il est difficile de le haïr complètement et reste l'un des fleurons de la période des "sexploitation". Il a de plus connu au moins trois montages différents, de durée inégale, dont un dans lequel Hargitay est présenté comme un vétéran de la guerre du Viet-Nam. Cela dit, le film n'est pas à classer, à mon avis, dans la catégorie des gialli. On a voulu l'assimiler comme tel, peut-être pour l'entourer d'une aura prestigieuse qu'il ne mérite certainement pas.

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Note : 4/10
Moyenne des votes : 3,5/10 (2 votes)

Flint



A propos du film :

# Le destin a voulu que Renato Polselli et Mickey Hargitay meurent à quelques jours d'intervalle : le 14 septembre 2006 pour l'acteur, et le 1er octobre 2006 pour le réalisateur.

Avis des visiteurs :

# J'ai rejeté un oeil et même 2 sur ce truc que j'ai réussi à voir cette fois-ci en entier, armé d'un courage énorme - et il en faut - Quelle grosse purge! j'ai donc regardé la version de 102 minutes et j'ai regretté qu'elle ne dure pas 78... ça commence encore pas trop mal avec la scène de la cascade et le premier meurtre assez sauvage, hormis le fait que le morceau de bravoure est orné d'une musique passant du western zapata (lors de la poursuite en forêt) à une espèce de Santana puis se fait psychédélique pour finir en solo de guitare bluesy-hard-rock. On se dit que c'est assez cru, sauvage, pourquoi pas? Tout le reste ne sera que calvaire, la palme du film étant des acteurs impossibles avec en tête l'inénarrable Mickey Hargitay ("Bloody Pit of Horror"), qui traîne une grosse tête de camion à peine digne d'un film de boule dépressif, cet acteur de toute façon ne laisse aucune chance au film et son regard est aussi pénétrant qu'une vache qui mâche une touffe d'herbe. Seule Rita Calderoni s'en sort convenablement, sinon le fait est assez généralisé... dieu que ces acteurs sont laids ! et les personnages stupides. Le top - évoqué par flint - c'est une scène de salle de bain précédent un meurtre ou une nymphomane tâte du bâton la joue collée au mur en lâchant un "ahhh" furtif mais stupéfiant de bêtise, avant de se faire latter par-terre puis de se relever (?!).
La musique sans être totalement mauvaise est complètement à côté de la plaque, et si dans la première demi-heure le film fait un tout petit peu illusion, c'est que le travail sur la photo n'est pas mauvais, sans doute le meilleur du film. Heureusement quelques éclair érotiques assez hard et pas trop mal filmés - quoique très tristes, voire déprimants - viennent s'immiscer donnant un léger cachet de trouble et capiteux, je pense notamment à la scène au gant de cuir très pénétrante - je sais pas si elle est sur la version vhs - mais ça ne fonctionne jamais et tout ça tombe à plat vu la pachydermie de l'histoire, des protagonistes et des acteurs qui les campent (tous vilains comme c'est pas permis, je me répète). flint a totalement raison de comparer ce film à du Benazeraf sous acide, ça y ressemble drôlement ! Alors ça pourrait être drôle si l'intérêt ne s'amenuisait pas lentement mais sûrement, tant et si bien que pour ma part, je suis arrivé à la fin exténué, lassé au possible de ce film chiantissime. Le générique de fin n'est pas trop mal, peut-être le meilleur du film avec la scène de la rivière / cascade du début. Dans l'ensemble, c'est assez très très caca boudin. Et que dire des rêves de la Calderoni mettant en scène Mickey Hargitay enchaîné, agitant les mains comme un diable sur fond rouge ? Bouh...

Note : 3/10 (Mallox)

En plus :

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