Creep - 2004

Creep - 2004

Origine : Grande-Bretagne / Allemagne
Genre : Horreur

Réalisé par Christopher Smith.
Avec Franka Potente, Vas Blackwood, Jeremy Sheffield, Sean Harris, Paul Rattray, Kelly Scott, Sean Harris.

Après le remake de Massacre à la tronçonneuse, après L'Armée des Morts, après Saw, et avant le possible remake de La Colline a des yeux, voici donc Creep, dernier-né des films horrifiques trouvant leur source d'inspiration dans le cinéma des 70's, mâtiné d'une certaine dose d'horreur 80's, principalement dans l'horreur graphique. Si les films précités se distinguent par une évidente volonté de choquer via le gore ou via leur côté malsain, force est d'admettre que la réussite est mitigée, tant parfois la gratuité des effets annihile les (bonnes) intentions.
Restait donc à savoir si ce Creep, co-production anglo-allemande, allait à son tour s'attirer l'enthousiasme ambiant (et parfois injustifié) à l'encontre des films de ce type. Et bien entendu, l'équipe technique du film étant dirigée par le presque inconnu Christopher Smith, qui s'était alors uniquement distingué par quelques longs-métrages pour festivals et par quelques travaux pour la télévision, l'espoir de voir apparaître un héritier aux Sam Raimi, Peter Jackson ou autres Wes Craven (si, si, Craven) pouvait même toucher les plus optimistes.
Kate, jeune femme du monde londonien, huppée, décide de quitter la soirée à laquelle elle est conviée, et ce afin d'aller allumer George Clooney, de passage en ville. Mais pour le voir, elle doit prendre le dernier métro... Malheureusement, elle s'endormira sur le quai. Bloquée là, elle se fera très vite alpaguer par un de ses collègues aviné et libidineux, prêt au viol. Ce qui n'aura pas lieu, car le bonhomme se fera occire par une créature, un homme sauvage vivant dans le métro, qui n'aura de cesse ensuite de poursuivre Kate. Celle-ci devra donc survivre, côtoyant en cela les SDFs du coin, elle qui pourtant les méprise.

Creep - 2004 Creep - 2004 Creep - 2004

A la vision de ce sujet simple, on pense bien entendu à un mélange entre la scène du métro du Maniac de William Lustig, les gialli horrifiques à la Argento et les classiques du survival, disons par exemple le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, auquel Creep fait quelque peu penser lors de son générique mystérieux et malsain, parcouru de plans menaçants, un peu semblable à celui du film de Hooper.
Bref si les influences sont bonnes, elles peuvent aussi impliquer un certain manque d'originalité, à l'instar des précédents films du genre. Cela dit, l'originalité allant désormais souvent de paire avec des effets de réalisation incompréhensibles et hystériques (à base de plans d'une demi-seconde et de montage épileptique), autant s'abstenir. Ce que Smith fait : sa réalisation est en effet très discrète, loin du tape-à-l’œil d'un Saw, fait pour choquer artificiellement le spectateur devant des scènes parfois sans aucune tension. Très bonne chose. Smith a en effet conscience du potentiel intrinsèque de ses scènes et ne se sent pas le besoin d'en rajouter. N'est pas Sam Raimi qui veut, et la modestie est encore parfois préférable aux vaines tentatives de renouvellement de la réalisation.
Etant son propre scénariste, Smith jalonne en effet son film de scènes plutôt croustillantes, sans étalage complaisant. Il suit son scénario de façon linéaire, et ne s'attarde jamais en esbroufe gratuite. Sa volonté est davantage de présenter une lutte, une fuite contre une mort qu'on devinerait atroce. Tout juste peut-on signaler une scène de torture en forme de parenthèse, où l'héroïne et son acolyte du moment sont délaissés, au profit des actes de Craig, le psychopathe métropolitain, sur une de ses victimes encore vivante. Craig apparaît alors plus clairement comme un être malsain, lui qui jusqu'alors pouvait n'être qu'un psychopathe comme tant d'autres, le look maladif en plus.
Très bien réalisé, faisant ressortir la cruauté du personnage, mais contrastant avec la course-poursuite qui constitue la majeure partie du film, certains pourront trouver qu'il s'agit du meilleur morceau du film, et d'autres pourront au contraire trouver cette scène superflue. Quoi qu'il en soit, pour ceux appartenant au second groupe, elle n'est pas suffisante pour gâcher un film qui, s'il ne brille pas par son originalité, ne souffre d'aucun défaut majeur.
Bien sûr, d'autres pourront trouver dommage que le film se concentre essentiellement sur la fuite de l'héroïne. Pourtant, d'une part, les péripéties sont suffisamment nombreuses pour éviter l'ennui. De plus les difficultés rencontrées par Kate sont d'une ironie mordante, étant donnée sa nature mondaine, forcée de collaborer avec des SDFs et contrainte de traîner dans des lieux immondes. Et surtout, d'autre part, la présence de Craig est toujours palpable, le danger est toujours là.
D'ailleurs le métro londonien et ses coins abandonnés prennent des allures de labyrinthe sans abris, sans possibilité de fuir. Sombre, sale, son atmosphère évoque la pourriture, qui prend entre autres la forme de rats, alliés naturels de Craig. La photographie est donc réussie et, si elle ne rend pas forcément l'ambiance gothique que Christopher Smith souhaitait rendre (il ne suffit pas qu'un film soit sombre pour être gothique), elle est en tout cas une des forces de Creep.
Au final, on obtient donc un bon film, humble, simple, qui manque parfois d'ampleur, mais qui a le grand mérite de ne pas vouloir révolutionner le genre sans en avoir les moyens. Efficace, il parvient à trouver le juste milieu entre le lisse et l'exubérant. On parle souvent de la résurgence des films 70's et 80's. Ce Creep, justifie pleinement cette évocation, mais en se rattachant plus aux classiques de vidéo-clubs qu'aux classiques tout court. Plaisant.

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Note : 6,5/10
Moyenne des votes : 5,7/10 (2 votes)

Walter Paisley



A propos du film :

# Le tournage de Creep, d'une durée de sept semaines, débuta le 20 octobre 2003 dans l'une des stations les plus obscures et les plus profondes du métro londonien : l'arrêt "Strand" de la "ligne bleue" de Picadilly, fermé en 1994 et dont l'un des quais est désaffecté depuis 1917. Pour des raisons pratiques seules le début et la fin de Creep furent tourné dans ces décors naturels. La production gagna ensuite Cologne, où le chef décorateur John Frankish avait édifié un vaste décor labyrinthique à l'intérieur d'une ancienne sucrerie.

# C'est dans le métro de Londres que le scénariste / réalisateur Christopher Smith a trouvé l'inspiration première de Creep : "La rame s'était arrêtée au beau milieu d'un tunnel. L'attente se prolongea durant de longues, longues minutes, et j'ai pensé aux affres d'une personne qui se retrouverait seule, prisonnière de ce labyrinthe, impuissante et livrée aux fantasmes d'un être maléfique. J'ai soumis l'idée au producteur Jason Newmark, de Dan Films, et me suis immédiatement lancé dans l'écriture."

Avis des visiteurs :

# Creep n'est pas mal fait et correspond assez bien à la critique qu'en fait Walter mais je dois dire que le sujet du film m'a laissé aussi froid qu'une des victimes de Craig, le bourreau du métro.
Encore une fille perdue aux prises avec un dément, quelques personnages croisés et occis sauvagement, une course poursuite contre la mort (ici, dans un dédale de couloirs obscurs du Tube londonien)... bon, quand est-ce que les réalisateurs vont se mettre à filmer des trucs originaux, qui sortent des sentiers battus et rebattus ? Ras-le-bol des psychopathes et de leurs victimes !
Même si, c'est vrai, ce tueur-ci est pas mal (j'ai bien aimé notamment la première fois où l'on voit son visage), qu'il a un vrai physique de cinéma (un bon travail des maquilleurs), tout cela est quand même un peu longuet (et pourtant le film n'est pas très long). Et, une fois de plus, les victimes ne sont pas fort avisées, pour pas dire un peu connes à certain moment... Dire qu'elles l'avaient là, à portée d'armes contondantes et qu'elles réussissent à... mais bon, si on ne veut pas que le film s'arrête trop vite, il ne faut pas que les poursuivis soient trop malins non plus ni trop efficaces...

Note : 5/10 (Bigbonn)

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