Dar l'invincible - 1982
(The Beastmaster)
Origine : Etats-Unis
Genre : Fantastique / Aventures / Action
Réalisé par Don Coscarelli.
Avec Marc Singer, Tanya Roberts, Rip Torn, John Amos, Josh Milrad.
Dar, fils du roi Zed, est dans les temps barbares l'unique survivant d'un massacre perpétué par le sorcier Maax et les Juns. Devenu adulte, Dar communique par télépathie avec deux mangoustes, un tigre et un aigle. Il sauve la belle Kiri des sacrifices humains ourdis par Maax et va reconquérir son royaume sur les Juns.
Si "Conan le Barbare" ne fut pas le triomphe escompté par ces producteurs, il laissa néanmoins dans son sillage bon nombre de fils illégitimes nommé Thor, Athor, Yor, Kalidor,... Tous prétendait ravir le trône du cimmériens et une vague d'héroïc fantasy déferla sur nos écran. Cependant il faut bien l'avouer la plupart du temps ces films ne faisaient que recycler de vieilles recettes éculées, en fait le seul intérêt de ces productions résidait souvent dans leur superbe affiche et la plastique de leurs actrices (mmmm les zooms intempestifs sur les fesses de Sabrina Siani). Ainsi ce sous-genre s'épuisa de lui-même par manque d'ambition et surtout la médiocrité de nombreuse réalisation.
Quelques films tirèrent néanmoins leur épingle du jeu, notamment "L'Epée Sauvage" d'Albert Pyun ou ce "Beastmaster" hautement sympathique et beaucoup moins prétentieux que son illustre modèle. Si le scénario reste très linéaire et typique du genre (lutte contre un tyran et reconquête du royaume), il introduit quelques petites astuces pour se différencier des autres productions. Le héros possède ainsi le pouvoir de communiquer par télépathie avec les animaux (d'où le titre anglais "le Maître des animaux") ce qui lui permet d'utiliser leurs facultés. Un don qui s'avérera particulièrement utile lorsqu'il sera aveuglé par un ennemi ou pour retrouver son chemin (spectaculaire séquence aérienne en camera subjective censée simuler le vol d'un aigle). Les armes comme d'habitude tienne une place prépondérante dans le récit, à côté de l'éternel épée / sabre (ici fortement inspirée par les films asiatiques), nous avons droit à un " gadget " pour le moins original une sorte de boomerang rétractable particulièrement efficace.
Tourné dans de magnifiques décors naturels (dont Tanya Robert(s)), le film nous entraîne dans un monde mystérieux et magique ou le héros et ces amis vont devoir affronter, comme il se doit, de nombreux dangers. Ce succèdent ainsi pour notre plus grand plaisir, des hommes chauves souris, des sorcières aux corps de mannequin orné d'une tête affreuse (idée reprise dans le marrant "La Revanche des Mortes Vivantes"), une secte dirigée par un grand prêtre retors et sadique (Rip Torn excellent ! et une armée de guerriers "Juns" tendance cuir...
Esthétiquement réussit le film étonne en alignant idées intéressantes et recherche visuelle constante, comme la bague "espionne" avec un oeil humain a l'intérieur, le suicide des gardes de Maax, le village de Dar sur pilotis ou la visite de la pyramide avec ces gardiens très particuliers (créature bardée de cuir au cerveau dévoré par une larve verte qui annihile toute sensation). Le tout accompagné d'une superbe partition musicale de Lee Holdridge pleine de d'entrain et d'efficacité.
Mais la ou le film se distingue des autres c'est par son final, en effet il est de coutume dans le genre de clôturer le film par une bataille et celle de "Beastmaster" risque de rester longtemps dans les annales du genre. Là où ses confrères déçoivent (et John Milius en premier !) Don Coscareli innove et nous livre une séquence d'anthologie particulièrement spectaculaire et visuellement magnifique ! Entièrement filmée de nuit (l'arrivée des "Juns" a cheval et aligné sur une colline est superbe !) et se déroulant prés d'un immense fossé de poix enflammé, nous voyons des cavaliers et des hommes en feu attaquer le héros sous une pluie ardente. Une séquence de toute beauté dans laquelle on retrouve toute la maîtrise visuelle de Coscarelli, aidé il est vrai par la superbe photographie John Alcott ("
Shining") et des cascadeurs à la limite de l'inconscience !
C'est le premier film "professionnel" du réalisateur Don Coscarelli, son oeuvre précédente "Phantasm" avait coûté à peine 500.000 dollars mais en avait rapporté beaucoup plus. Le film acquit bien vite son statut d'oeuvre culte et propulsa son réalisateur parmi les nouveaux maîtres de l'épouvante. On sent que ce dernier a du mal par moment à gérer sa première grosse production (6 millions de dollars), cafouillage dans certains raccords et raccourcis hasardeux dans le script, mais il compense toujours en enchaînant sur une trouvaille visuelle originale ou intéressante.
On peut aussi regretter l'interprétation limite de certains acteurs (sauf Rip Torn impeccable), quelques maquettes trop visibles et le nombre réduit de figurants dans les scènes de foule ! Mais ces remarques sont aussi valables pour la plupart des autres productions du genre. Certains seront peut être déçu par l'absence de sang, de tête arrachée ou de membres sectionnés. Pourtant le film n'en demeure pas moins violent comme le montre cette scène magnifique où Dar de retour dans son village découvre les cadavres calcinés des habitants empalés. Ce genre de séquence est dispensée avec parcimonie dans le récit, le réalisateur préférant le fantastique et l'aventure, un mélange entre les films de samouraïs et Walt Disney dixit l'intéressé à l'époque !
Voilà une petite production pétillante, pleine de charme et de rebondissements qui n'a rien de transcendant, mais qui retrouve la simplicité et la naïveté des films d'aventures d'antan. Il fut d'ailleurs prévu à l'origine comme tel, c'est suite au succès de "Conan" que le scénario pris une orientation plus "héroïc fantasy". Bien sûr les temps changent, l'aventure et la romance s’accompagne maintenant d'un zeste d'érotisme et d'une bonne dose d'épouvante et si l'héroïne n'hésite plus à dévoiler sa poitrine, elle finit toujours par embrasser le héros sur un piton rocheux. La tradition est sauve !
Note : -/10
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The Omega Man
A propos du film :
# Le succès du film engendra deux suites médiocres et surtout une série télé dans la lignée de Hercules et Xena.
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