The Happiness of the Katakuris – 2001

The Happiness of the Katakuris - 2001
(Katakurike no Koufuku)

Origine : Japon
Genre : Comédie musicale / Satire sociale / Thriller / Pâte à modeler / Romance / Horreur / Karaoké... un peu de tout et beaucoup de n'importe quoi !

Réalisé par Takashi Miike.
Avec Kenji Sawada, Keiko Matsuzaka, Tetsuro Tamba, Shinji Takeda, Naomi Nishida, Tamaki Miyazaki, Kiyoshiro Imawano.

Le terme d'OFNI (objet filmique non identifié) n'est pas trop fort pour désigner ce film pour le moins déconcertant ! Ce n'est pas qu'il soit spécialement novateur, complexe ou conceptuel, c'est juste qu'il est tellement décousu et tape dans tellement de registres qu'on ne sait trop quoi en penser.
Il s'agit à la base d'un remake de The Quiet Family de Ji-Woon Kim. La trame de l'histoire est assez simple. Après avoir été licencié de son poste de vendeur de chaussures dans un grand magasin, Masao Katakuri décide de prendre un nouveau départ en ouvrant une auberge familiale en pleine campagne, ayant entendu parler d'une prochaine émancipation économique du coin. L'accompagnent dans cette entreprise Terue, son épouse dévouée, son père Jinpei, son fils Masayuki, petit délinquant repenti, sa fille Shizue, mère célibataire en quête de romance, et la petite Yurie, fille de cette dernière.
Le problème c'est que la fréquentation touristique est au plus bas dans ce trou paumé et que les seuls clients qui séjournent à l'auberge ont une fâcheuse tendance à y mourir. Etant donné la conjoncture, on ne peut se permettre une mauvaise publicité et il va bien falloir se débarrasser de ces corps encombrants.

The Happiness of the Katakuris – 2001 The Happiness of the Katakuris – 2001 The Happiness of the Katakuris – 2001

Pour définir grossièrement Happiness of the Katakuris, on peut parler de comédie musicale sur le thème du bonheur en famille… oui, mais d'une comédie musicale où on enterre un paquet de morts dans les bois, où les propos loufoques s'enchaînent sans grande logique, où la pâte à modeler en stop-motion fait irruption sans crier gare, où les faux bâtards de la famille royale d'Angleterre se mettent à voler, où on assomme le corbeaux au rondin de bois, où on s'extasie devant la beauté de la chanteuse de la télé qui est un travesti, où la moitié des personnages débarquent de nulle part, où les zombies ont droit à leur chorégraphie... Autant dire que Miike se lâche complètement et cela prend des proportions impressionnantes.
Ceux qui ont vu le premier opus de la trilogie Dead Or Alive ont sûrement gardé un souvenir impérissable du final aussi inattendu que radical. Ici on part en vrille de cette façon du début à la fin. Les changements de ton incessants du film, passant de la parodie de La Mélodie du Bonheur à l'horreur façon Ring, puis à la comédie dramatique intimiste, pour revenir à l'action version studio Aardman, ne seront peut-être pas du goût de tout le monde.
Le spectateur est d'autant plus déstabilisé que l'humour presque omniprésent apparaît aussi bien au premier degré (séducteur pris de problèmes gastriques) qu'à travers l'ironie (niaiserie outrancière des passages chantés) ou l'absurde (toute l'introduction avec le petit ange). Il est évident que certains seront agacés et trouveront le patchwork de genres incompatibles parfaitement indigeste, mais, face à une telle liberté d'action supportée par des moyens conséquents, comment ne pas être pris de vertige ? Mieux vaut ne pas raisonner en termes de rythme ou de finalité et se laisser porter par cette féerie délirante et parfois volontairement débile.
Les personnages principaux sont très attachants et paradoxalement crédibles. Ils sont autant d'archétypes de la société nippone intelligemment caricaturés. Pourtant jamais rien ne passe normalement et même les scènes les plus banales de la vie quotidienne tournent toujours à la bouffonnerie et au non-sens. L'improbable guette le spectateur à chaque seconde. D'autant plus que, quand il s'agit de donner dans le ridicule, Miike sort l'artillerie lourde : la scène de coup de foudre est un authentique joyau du kitch et celle de drague qui en découle laisse pantois. On notera aussi, parmi tant d'autres moments d'anthologie, le clip de karaoké qui déboule au beau milieu du film, invitant les spectateurs à pousser la chansonnette avec les acteurs.
The Happiness of the Katakuris, c'est un grand moment de n'importe quoi, fait avec passion et magnifiquement orchestré. Du foutage de gueule ? Parfaitement, mais à ce point c'en est brillant ! Malgré toutes les critiques dont Miike a pu faire l'objet, sa capacité à surprendre et à pousser dans l'excès force le respect. Quand on sait la quantité de films qu'il tourne annuellement, on ne peut qu'admirer sa créativité.

The Happiness of the Katakuris – 2001 The Happiness of the Katakuris – 2001 The Happiness of the Katakuris – 2001

Note : 8/10
Moyenne des votes : 5,5/10 (2 votes)

Princesse Rosebonbon



Avis des visiteurs :

# Aimant assez bien le bizarre, le loufoque, l'absurde et les films qui sortent de leurs sentiers battus et rebattus, je me suis procuré The happiness of The Katakuris... Putain, il est insupportable ce film ! Déjà, j'aurais dû me méfier, je suis naturellement rétif à tout ce qui relève de la comédie musicale mais là, vu le mix proposé, je m'attendais à quelque chose de... ben je sais pas à quoi je m'attendais mais je sais juste que je me suis copieusement emmerdé devant cette purge navrante et réellement indigeste.
Finalement, ce sont les séquences animées qui ont le plus éveillé mon intérêt et, pour le reste, malgré une maîtrise des styles et des ambiances (comme la découverte d'un cadavre dans le frigo par exemple), on tourne à vide comme un hamster dans sa roue, sans rime ni raison... Ah oui, une petite observation aussi : l'un des personnages, un escroc qui veut plumer la fille Katakuri, s'appelle Richard Sagawa. C'est le même nom qu'Issei Sagawa, le tristement célèbre Japonais qui tua, dépeça et mangea en partie une étudiante hollandaise en 1981 à Paris avant d'être arrêté, extradé au Japon puis finalement libéré très peu de temps après, sortir un livre et faire le cacou à la télé... Bref, une vraie honte pour la justice ce Sagawa et une référence pour le Sagawa des Katakuris qui, lorsque la fille lui demande s'il veut manger quelque chose, lui répond : "Je vais te manger, toi !" Peut-être que c'est drôle pour un Japonais, je sais pas, moi j'ai pas trouvé...

Note : 3/10 (Bigbonn)

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