Isolation

Isolation - 2005

Origine : Angleterre
Genre : Epouvante / Horreur

Réalisé par Billy O'Brien.
Avec John Lynch, Essie Davis, Ruth Negga, Sean Harris, Marcel Lures.

Sous-estimé, surestimé, doté ou non d'une parabole écologique ou politique, qu'en sais-je ? Sinon, que j'ai pris un réel plaisir à la vision de cet "Isolation", oeuvre qui une fois de plus nous vient de Grande-Bretagne qui semble avoir ces derniers temps l'apanage du bon goût du moment au sein d'une espèce de "renouveau" claudiquant du cinéma d'horreur actuel. Severance, Wilderness, Dog Soldiers, et plus puissamment encore Shaun of the Dead attestent d'une relecture intelligente d'un genre qu'on croyait perdu à l'aube des années 80, si l'on excepte les quelques réussites notoires mais très éparses ici et là.
Intelligence roublarde, c'est ce qui me vient à l'esprit de suite à propos de cet "Isolation" de pourtant bonne facture et s'il ne renouvelle pas la donne à proprement parler, celui-ci tire pourtant assez aisément son épingle d'un jeu qui consisterait à comment recycler ce qu'on a déjà vu cent fois en le faisant passer pour du neuf. Pari gagné ici, d'autant que les nouvelles générations méconnaissant la plupart du temps ses classiques seventies, il sera beaucoup plus crédule devant ce genre de spectacle malin. Mais résumons la chose...
Au sein de la campagne Irlandaise, l'exploitation agricole isolée de Dan Reilly n'est plus rentable ; celle-ci étant menacée de fermeture, ce dernier accepte moyennant rémunération, l'expérience sur son bétail, commanditée par une grosse organisation de recherche scientifique ; c'est Orla, son ex, qui sera alors chargée de surveiller les dites expériences et d'en faire rapport.
Ce qui aurait pu sauver le pauvre Dan de la faillite s'avère assez vite catastrophique et les recherches prennent pour le moins une tournure inattendue, lorsque qu'une de ses vaches en train de mettre bas, semble donner naissance à un veau mutant qu'il conviendra de très vite éliminer. Malheureusement, il est trop tard, car dans un même temps, l'horrible mutation s'est doublée d'un virus extrêmement dangereux pour le reste du cheptel ; il s'avère même que celui-ci est transmissible à l'être humain et la quarantaine est alors ordonnée...

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Certaines récompenses font plus de bien que de mal ; ayant reçu le grand prix au festival de Gerarmer en 2006, il est logique que le film se soit vu décrié par certains ou estampillé chef-d'oeuvre par d'autres ; un prix comme celui-ci rend d'entrée la chose suspecte si bien qu'on la juge sur le prix reçu davantage que sur ses qualités ou défauts intrasèques. Bref, je me situerais entre les deux et je pense que c'est à un bon film, quoiqu'inégal auquel on assiste là.
Le meilleur ? sa première partie ; le postulat semble différent pour une fois, pas de bouseux qui traîne savates ici, pas de groupe de djeuns qui arrive dans un coin paumé à coup de dialogues mongoloïdes ; non tout simplement un exploitant qui pour sauver sa ferme se doit de faire des concessions, dont une lui sera fatale.
L'atmosphère qu'installe alors Billy O'Brien est assez singulière pour être signalée et même si l'on voit venir la chose d'assez loin, le climat oppressant va crescendo lors de la mise à bas du veau, plutôt mordant pour un nouveau né et c'est assez scotché et dubitatif qu'on assiste à l'accouchement difficile. Le talent du réalisateur est alors manifeste tant le processus d'identification entre Dan, Orla et nous se fait tout naturellement, et comme eux, l'on s'interroge sur l'événement qui est en train de se produire, avant de flipper devant le résultat de ce traficotage en règle de génome animalier.
Dans sa première moitié, il règne dans "Isolation", un vrai climat poisseux, incertain quant aux conséquences, et surtout... dépressif.
Rien de Drôle, rien de fun, pas de second degré qui vient ici parasiter le spectacle, ce qu'il est avant tout, malgré ses connotations sociales évoquées au début; on rentre d'emblée dans un univers fait de misère sociale sans prechi precha inutile pour une fois, avec même la présence d'un couple sur le point de partir de la région pour raison raciale (l'homme est né ici, la femme est noire) et c'est peu dire qu'on est loin de l'exotisme campagnard vu un peu partout au sein du genre ces derniers temps.
Ce qui est bon signe aussi, c'est qu'on se demande où va nous emmener alors Billy O'Brien, dès lors que le terrible accouchement au treuil a lieu, même si l'on sera un tantinet déçu, par la suite qu'il donnera. Autre qualité non négligeable, le choix de certains acteurs et surtout John Lynch dans le rôle de Dan Reilly, personnage à priori peu marqué, qui campe un excellent "monsieur tout le monde", sans excès mais tout en force, contribuant ainsi au processus d'identification déjà évoqué, mais qui joue grandement pour le film et son intensité ; de même pour Essie Davis dans le rôle d'Orla, vétérinaire très ordinaire et Sean Harris, le personnage masculin du jeune couple sur le départ qui viendra ici prêter à ses dépends, main forte.
Dommage alors que Ruth Negga, qui joue sa compagne soit plus typée, tant et si bien que prenant une place importante dans la seconde partie du film, on rentre alors dans le domaine du stéréotype tant on a déjà l'impression de connaître ce personnage, pas loin finalement d'une Sigourney Weaver d'"Alien", et surtout qui renvoie à tout ce qu'on a déjà vu partout comme ersatz de femmes fortes venant niquer du monstre ; un peu pareil pour Marcel Lures qui supervise les recherches et devra tuer de l'humain pour éviter une catastrophe au niveau mondial. Son personnage est un peu trop marqué, et même s'il passe in-extrémis, je dirai que cette inégalité de traitement ou de choix concernant les acteurs, tranche quelque peu dans le décors, si bien que ça en devient dommageable et comme ceux-ci prennent une place plus conséquente alors, on rentre dans un domaine plus connu, moins intrigant, et pour tout dire, plus banal.
Pareil pour la mise en scène ; elle distille au compte gouttes les détails effrayants dans sa première partie, quitte à devenir si bien calculée qu'on la trouverait presque roublarde et l'on se demande ce que l'on nous vend là, rendant paradoxalement la chose palpitante, elle s'emballe un peu trop ensuite dès que nous sommes au fait de la situation, pour finalement nous trimballer dans un "Alien Farm" ou autre "Vache Thing" de plus, avec même quelques effets superflus de caméra qui viennent alors nuire à la lisibilité d'un film qui promettait beaucoup et qui s'enfonce quelque peu alors dans le film d'horreur de série.
Et même si celui-ci reste malgré tout largement au dessus de la moyenne, nous étions en droit d'attendre mieux que ces sentiers rebattus dans lesquels il nous ramène. Ceci-dit, dans l'ensemble on aura passé un bon moment et si le virus se veut peut-être une métaphore d'une mondialisation en marche et les dangers qu'elle représente, ce n'est pas ce qui m'aura marqué le plus ; ce que j'aurai retenu de "Isolation", ce sont 45 minutes excellentes qui me disent qu'il convient de surveiller ce Billy O'Brien de très près.

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Note : 7/10
Moyenne des votes : 7/10 (1 vote)

Mallox



A propos du film :

# Afin de conférer un aspect réaliste optimal aux scènes d'horreur, le réalisateur s'est mis d'accord avec les responsables des effets spéciaux pour ne pas utiliser d'effets numériques. L'équipe a eu recours à l'utilisation des animatroniques (des automates radiotélécommandés) pour représenter les différents mutants du film.

Avis des visiteurs :

# Et ben c'est très bon ! Encore un film d'horreur certes pas très original, mais qui possède quand même sa propre identité. Les décors sont vraiment super, la ferme est vieille, sale, malsaine... ça donne une atmosphère vraiment prenante et dérangeante. De plus le réalisateur arrive à rendre tout ça très claustrophobique, il cadre toujours très serré, avec souvent des éléments au premier plan. le film regorge de plans rapprochés (je n'ai vu qu'un seul plan d'ensemble) ça donne vraiment l'impression qu'on est coincé, enfermé, qu'on ne peut pas s'échapper. Et en plus on est coincés avec une sorte de veau mutant absolument atroce, avec ses dents irrégulières, un squelette apparent et des grognements horribles. Les créatures du film sont très impressionnantes, on ne sait jamais vraiment à quoi on a affaire. Et le fait que la contamination est possible grâce à une simple morsure renforce encore la peur qu'inspire cette créature !
La bande son est elle aussi vraiment excellente. La musique stressante accompagnée des bruits de liquides poisseux de la ferme, des râles d'agonies des victimes et surtout des terrifiants grognements de la créature, est vraiment efficace ! Saluons enfin le casting d'inconnus doués qui arrive vraiment à faire vivre leur personnages et à nous rendre l'histoire crédible !
Alors certes c'est pas vraiment gore, il y a quelques effets de caméra foirés et l'histoire est pas originale, mais quand même le film est sale et malsain et arrive vraiment à nous faire ressentir quelque chose, j'ai beaucoup aimé !

Note : -/10 (Maniak)

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