La Nuit des Diables - 1972
(La notte dei diavoli)
Origine : Italie / Espagne
Genre : Epouvante
Réalisé par Giorgio Ferroni.
Avec Gianni Garko, Agostina Belli, Cinzia de Carolis.
Metteur en scène habile, spécialiste du péplum et du western dans les années 60, Giorgio Ferroni tente une seconde incursion dans l'épouvante en 1972 avec "La nuit des diables", douze années après "Le moulin des supplices".
Le récit s'inspire librement de la nouvelle de Tolstoï "La famille des Vourdalak", à l'instar de l'un des sketchs des "Trois visages de la peur" de Mario Bava.
Nicolas, amnésique depuis un terrible choc, se réveille un beau jour dans une clinique.
Il est hanté chaque nuit par des cauchemars et de brèves visions, spectres subconscients de véritables évènements survenus avant son arrivée.
La venue d'une belle jeune femme à son chevet, Sdenka, le rend alors fou furieux et influe sur son mental. Les zones d'ombres obstruant sa mémoire s'évaporent.
Si Sdenka le terrifie tellement, c'est qu'elle semble mêlée au drame l'ayant fait basculer dans l'amnésie. A présent, Nicolas se souvient.
Introduction totalement inédite donc, par rapport à l'oeuvre de Tolstoï. Dans le court texte de l'auteur russe, le narrateur diffère. Le vieux marquis d'Urfé profite d'un banquet aristocrate pour raconter une aventure authentique selon ses dires, qu'il aurait vécu dans sa prime jeunesse dans la campagne serbe.
Dépêché dans ce pays pour mission diplomatique, Urfé au cours de son périple débarque dans un sinistre village.
Les habitants d'une maison délabrée lui offrent sur place le gîte et le couvert. Mais le marquis va très vite être informé de la malédiction planant autour de chaque membre de la famille.
La région serait infestée de "vourdalaks", créatures mortes-vivantes buvant le sang de leurs victimes. Si un membre de la famille venait à être mordu par un "vourdalak", il deviendrait à son tour vampire et serait condamné à supprimer tous ses proches. Seul un pieu enfoncé dans le coeur du monstre enrayerait la malédiction.
La version de Ferroni est sensiblement la même, bien que "contemporanisée". Nicolas se rend dans une contrée du Nord de l'Europe pour affaires commerciales mais sa voiture tombe en panne en forêt et c'est à ce moment que la famille maudite imaginée par Tolstoï rentre en jeu.
Les noms et descriptions des personnages sont quasi identiques.
Seul la mission vengeresse que se fixe le père change. Chez Tolstoï, il part traquer un dangereux bandit turc caché dans les forêts de la région et passé un délai de 10 jours, s'il n'est pas revenu chez lui, il devra être abattu par l'un de ses proches, un pieu planté dans la poitrine.
Chez Ferroni, le père s'est mis en tête d'éradiquer une sorcière démoniaque et il ne dispose cette fois-ci que de la lumière du jour pour accomplir sa besogne.
Passé 18 heures, il sera déclaré "vourdalak".
Quant au dénouement tragique initial du récit, Ferroni n'en tient pas compte et s'inspire plutôt de "La nuit des morts-vivants" de Romero. Nicolas, aux prises avec les membres de la famille transformés en vourdalaks/morts-vivants, tente de leur échapper coûte que coûte.
L'affrontement génère d'ailleurs quelques débordements gores, à l'image de ces doigts fauchés par une portière de voiture.
Bref, si Ferroni s'octroie pas mal de liberté par rapport à l'oeuvre de Tolstoï, il parvient (et c'est le principal) à retranscrire parfaitement l'ambiance oppressante de la nouvelle sur pellicule.
Jamais un cadre forestier n'aura d'ailleurs paru aussi angoissant dans un film.
Du très bon travail, également au niveau de l'interprétation solide, Gianni Garko ("Le Boss", "L'emmurée vivante") et Agostina Belli ("Le château des damnés", "Holocaust 2000") en tête.
"La nuit des diables" s'impose comme une réussite incontestable du fantastique italien.
Note : -/10
Moyenne des votes : 8/10 (1 vote)
Throma
Avis des visiteurs :
# C'est vrai qu'il n'est pas mal du tout ce film, baignant toujours dans une peur diffuse que l'on relie tout d'abord, tel le héros, à une superstition de paysans attardés, avant de réaliser que non, la réalité est bien là, horrible et mortelle.
Les quelques débordements sanglants se justifient par le récit et ne sont donc pas gratuits même si bien saignants, renforcés par le plaisir que semblent prendre les Vourdalaks à pourchasser cet étranger qui s'est retrouvé bien malgré lui dans leur univers.
Le dénouement est malin, trop peut-être à mes yeux, à moins que...
Note : 8/10 (Bigbonn)
# Ambiance superbe et envoûtante, interprétation sans faille (ah, Agostina !), musique absolument grandiose de Gaslini, tout concourt à faire de La Nuit des Diables l'un des plus beaux fleurons du cinéma bis italien.
Note : -/10 (Toxicavenger)
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