La Queue du scorpion

La Queue du scorpion - 1971
(La coda dello scorpione)

Origine : Italie
Genre : Giallo

Réalisé par Sergio Martino.
Avec George Hilton, Anita Strindberg, Alberto de Mendoza.

Tandis que Lisa trompe son mari, celui-ci meurt dans une explosion d'avion ; Lisa ne se montre pas particulièrement perturbée, d'autant qu'elle héritera d'un million de dollars pour un homme qu'elle n'aimait plus. De ce fait, la compagnie d'assurance trouve son comportement étrange, d'autant plus qu'elle préfère toucher l'argent en cash dans une mallette ; la compagnie d'assurance décide d'envoyer un enquêteur sur place afin de tenter d'éclaircir cet étrange comportement.
Les choses prennent un tournant inattendu ; alors que celle-ci part en Grèce afin de changer son argent en liquide, peu après son arrivée, elle se fait sauvagement assassiner ; égorgée et volée par un tueur mystérieux tout vêtu de noir (qui a dit giallo ?!). Une enquête policière commence alors tandis que l'agent d'assurance se joint à eux pour élucider le meurtre.

Voici donc "La coda dello scorpione", vraie bonne surprise du sieur Sergio Martino ("Mannaja", "Alligator", "La montagne du dieu cannibale", " 2019, après la chute de New York", bref que du bon, qui feront de lui, à mon sens, une sorte de chef de file du bis dans le bis !), et surtout, sans atteindre des sommets gigantesques, il s'agit là de son meilleur film et l'on se prend du reste à regretter qu'il n'ait pas persisté dans l'inventivité technique qui habille ce giallo distrayant, même si elle reste souvent vaine, mais a le mérite de tenter...
Cette "Queue du scorpion" est vraiment bien filmée et c'est ce qui étonne le plus en premier lieu ; en effet la caméra est sans cesse mobile et inventive, la photographie est bien travaillée et donne une vraie vivacité de couleur qui sied si bien au genre transalpin, et je dois dire que je n'attendais pas tant de maîtrise de la part d'un metteur en scène qui donnera la plupart du temps dans la franche rigolade involontaire et la fainéantise dépassée au niveau mise en scène.
Les scènes de meurtres, quant à elles, sont filmées caméra à l'épaule, et nous assistons d'ailleurs à quelques beaux meurtres qui, s'ils n'atteignent pas tout à fait les moments d'anthologie bavesques ou argentesques, viennent se placer pas très loin derrière.
Dommage alors que certaines séquences ou mouvements de caméra donnent quelques scènes assez hilarantes ; ainsi ce plan avec le portrait du millionnaire sur la table de nuit de sa maîtresse est un grand moment comique, tout comme l'excès de maniérisme dont fait preuve Martino lors d'un étrange plan séquence filmé en plongée complète, où l'on se surprend à pencher la tête de gauche à droite avec un torticolis à la prime comme si on regardait un match de tennis à l'envers. Alors bon, je ne vais pas critiquer cet honnête giallo pour ses outrances techniques parfois vaines, car comme je l'ai dis auparavant, Sergio Martino a au moins le mérite de tenter le coup, disons qu'ici, un coup ça marche, un coup ça foire.
Un autre défaut du film est son scénario, on suit l'histoire sans difficulté mais tout ceci semble un peu pauvre malgré tout et on ne sort jamais des conventions ; tout est estampillé "giallo" des fois qu'on ne saurait pas ce qu'on est venu voir, et le schéma du film n'oublie aucune figure obligée : tueur tout en cuir noir et gants de circonstance, femmes lacérées au couteau au préalable coupables de pêchés véniels, et le retournement final "invraisemblablissime" démasque le tueur que l'on connaît comme nos chaussettes (j'ai mis une petite demi-heure à trouver le coupable et si l'on est un tant soit peu initié au genre, on doit même pouvoir faire mieux). Ceci dit, une fois de plus, je ne jetterai pas une grosse pierre sur le film par rapport à ce défaut, vu que cela finit par concourir au charme de cette "Queue du scorpion", et que ces retournements de situations un peu pourraves sont manifestement inhérents au genre.
L'une des grandes réussites du film, outre sa photographie, ses tentatives parfois vaines, parfois pertinentes de maniérisme graphique et qui contribuent à donner à l'ensemble sa cohésion au final, c'est la musique de Bruno Nicolaï, qui à la fois colle parfaitement au film avec toutes ses chutes de tons, et fait également forte impression seule en elle-même ; elle contribue fortement à rehausser d'un bon cran le film.
Quant aux acteurs, ils sont moyennement dirigés, de George Hilton à Anita Strindberg, les limites de leur jeu sont également celles de l'histoire, ni plus ni moins, et donc on les trouvera finalement assez convaincants pour ce qu'ils défendent.
Bref, sans atteindre les cimes d'un genre dont chacun connaît les maîtres, "La queue du scorpion" est un divertissement agréable, doublé du meilleur film que j'ai pu voir de Sergio Martino, et s'il me déçoit un tant soit peu, c'est peut-être aussi qu'hormis Bava et Argento, nous avons eu peu accès aux autres artisans giallesques, d'où peut-être une certaine impatience déçue, mais néanmoins une bonne surprise pour un cinéaste au demeurant faiblard et qui se montre là beaucoup plus hardi et maître de son art qu'à l'accoutumée.

Note : 5,5/10
Moyenne des votes : 5,5/10 (1 vote)

Mallox



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