Tire encore si tu peux

Tire encore si tu peux - 1967
(Se sei vivo spara)

Origine : Italie / Espagne
Genre : Western / Fantastique

Réalisé par Giulio Questi.
Avec Tomas Milian, Marilu Tolo, Roberto Carmadiel, Raymond Lovelock, Patrizia Valturri, Miguel Serrano.

Un western qui traîne une réputation d'oeuvre violente et putride. Disons le tout net, il n'en est rien, ou si peu. Si j'osais, je dirai que bien que moins gore, Django de Corbucci le surpasse en matière d'ambiance sale.
A mon sens, là où Tire encore si tu peux gagne des galons, c'est en développant tout un axe fantastique, voire une certaine idée du gothique. Cimetière profané, femme séquestrée, incendie final et bien sûr le personnage principal, qui erre, fantomatique, dans une sorte de villle-purgatoire, devant ici et là venir en aide comme pour sauver son âme. Un personnage que les balles semblent éviter, que l'on voit sortir de terre dès le début du film, et en proie à des flash-back ainsi qu'à une irrépressible envie de se laver les mains.

Tire encore si tu peux Tire encore si tu peux

Retitré aux Etats-Unis "Django Kill", ce qui est ridicule, le perso principal n'ayant pas de nom (ni de mitraillette), Tire Encore Si Tu Peux n'a pas grand chose à voir avec le personnage de Corbucci. En revanche, on pourrait voir dans ce western une sorte d'ancêtre à Keoma. Comme Keoma, le héros de Tire Encore... est un métis en proie au racisme. Un personnage qui comme Keoma sera supplicié par la croix.
Tire Encore si Tu Peux a déchaîné les foudres de la censure. Sorti en 1967, il surpassait déjà les excès graphiques de Django. C'est un western qui nous montre l'homme dans sa phase la plus bestiale. Le premier quart du film donne le ton. Arrivé dans une petite ville, une petite bande de hors-la-loi se fera littéralement massacrer et lynchée par les habitants, eux-même proclamant justice et se réclamant de la volonté de Dieu.

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La suite du film est à l'avenant. Un scalp à la Maniac. Quelques scènes déviantes comme le viol d'un adolescent par une troupe de pistoleros homosexuels. Un mourant, littéralement déchiqueté par les badauds, à la recherche des balles d'or qui lui truffent la peau, quelques secondes cruelles où le western spaghetti semble soudain devenir un improbable précurseur du film de cannibale.
Mais ce qui fit le plus jaser, c'est sans doute cette homosexualité qui parsème le film. Du jamais vu pour l'époque. Quelques dialogues ambigus, un desperado arborant une boucle d'oreille et du rouge à lèvres, un personnage principal se promenant en gilet de cuir sur torse nu (à la Lorenzo Lamas) jusqu'à cette troupe de mercenaires, vêtus de chemises de Carnaval qui ont tôt fait de violenter le Ray Lovelock, campant ici un jeune homme un peu efféminé au beau regard bleu.
Mais qu'on ne s'y méprenne pas. Au final, Tire Encore Si Tu Peux est un film plus psychologique qu'autre chose, il y a assez peu de combats ou de duels et le rythme est assez feutré, étrange. Un western à ambiance, soutenu par une musique lourde et difficile à cerner. Un film à voir en sachant à quoi s'attendre. Dans tous les cas, un très bon titre.

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Note : -/10
Moyenne des votes : 7/10 (1 vote)

Le Cénobite Cinglé !



Avis des visiteurs :

# Je me suis personnellement laissé surprendre agréablement à la vision de ce spaghetti ; en fait il faudrait savoir quelle version chacun a vu... jusqu'en 2001 date à laquelle il a été projeté à la cinémathèque, où là, il durait 115 min au leu des 95 minutes distribuées depuis 1972, ça fait pas mal de différence en fait ; il semble même que sur l'édition Seven 7, il y ai 3 minutes de plus encore. Bref, ce qui m'a surpris assez vite, c'est comment l'histoire qui semblait au préalable prévisible avec la vengeance attendue de Thomas Milian, bifurque vers un ailleurs beaucoup plus ambigu, puisque ses agresseurs se feront sauvagement lynchés par la populace. La scène où les cow-boys se ruent sur le malheureux bandit criblé d'une balle en or en criant "it's Gold !" restera gravée longtemps dans ma mémoire, tout comme celle où Milian attaché tel le Christ se voit zieuté et grignoté par des chauve-souris... Pas un film gore, non, malgré une ou deux incursions (l'homme qui meurt brûlé vif à la fin, un pauvre Indien Scalpé en gros plan, les pendaisons en chaîne avec les langues bien pendantes), mais un film où l'être humain n'est pas bon à fréquenter. Le film est un peu long, voir un peu bancal, mais il distille une belle ambiance, à la lisière du fantastique parfois, baroque ailleurs, et bénéficie d'une interprétation habitée du Grand Milian, hésitant entre deux clans pour choisir enfin l'individualisme cher au western transalpin. Je trouve sans doute exagéré sa réputation d'oeuvre culte, mais il y a la assez de matière sur près de deux heures pour rendre la chose assez fascinante et imprévisible. Ajouter à cela, une scène de viol homosexuel plus qu'intrigante, Questi, l'homme d'un seul Western nous offre une belle alternative all dente, bien plus riche et ambiguë que la plupart de ses confrères.

Note : 7/10 (Mallox)

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