Brève entrevue réalisée par Psychovsion le 9 octobre 2006 à Paris, Hôtel Costes, rue Saint-Honoré, à l'occasion de la sortie du film Severance.
Christopher Smith : Nous avons une grande tradition de l'horreur, en particulier grâce aux romans de Mary Shelley, puis avec les films de la Hammer, qui étaient un peu les pionniers du film d'horreur. Le genre a effectivement disparu peu à peu puis a connu un renouveau grâce à plusieurs phénomènes : l'argent du cinéma en Angleterre provient de la loterie (!) et pas mal d'argent a pu être investi dans le film d'horreur, notamment après le succès de Dog Soldiers qui a poussé les producteurs à investir dans le genre. Ca a permis de faire autre chose que les films de Ken Loach. D'autre part les gens de ma génération ont grandi avec les films d'horreur, principalement américains. Dog Soldiers a en quelque sorte ouvert la voie d'un cinéma d'horreur trash et underground.
Rien à voir donc comme on l'entend souvent avec les problèmes actuels, notamment le 11 septembre et le terrorisme à grande échelle en tant que menace planétaire, comme Massacre à la tronçonneuse et les années 70 associées au choc du Vietnam ?
Christopher Smith : Si bien sûr, depuis la guerre en Irak, le 11 septembre, on montre la violence, les tortures au cinéma, comme Eli Roth dans Hostel.
Vous réussissez le cocktail humour / horreur sans diminuer l'impact de cett dernière, ce qui n'est pas évident, tant les exemples récents de films d'horreur mariant l'humour raté sont nombreux (Scream...).
Christopher Smith : La comédie vient naturellement, ça ne provient pas de gags lourds comme Scream, justement. Les acteurs ne sortent pas de blagues, l'humour vient des situations et de la combinaison des personnages, par exemple celui de Danny (Dyer, ndlr) qui est un drogué et qui cherche à régler le problème du gars coincé dans le piège à ours en lui proposant de la came, ou encore l'exemple du pied dans le frigo ! Toutes ces scénes sont jouées sérieusement, comme si c'était la vraie vie.
Pensez vous qu'il existe encore aujourd'hui des codes et des règles à respecter dans l'horreur ?
Christopher Smith : Oui bien sûr mais il n'existe pas non plus de recettes particulières, les vieux films d'horreur qu'on aimait font aujourd'hui très clichés. En général les grosses boîtes évitent de produire des films trop malsains ; le film Hostel, que vous l'aimiez ou non, va très loin et on a envie de dire "Merci d'aller trop loin", dans Severance aussi on va très loin, et c'est ça qui est bon. C'est très différent et ça nous change des films traditionnels, moralistes, comme c'est trop souvent le cas.
Est-ce la version intégrale que nous verrons en salles en France ?
Christopher Smith : Oui, c'est la version intégrale.
Quels sont vos trois films d'horreur préférés ?
Chritopher Smith : Je dirais Massacre à la tronçonneuse, L'exorciste et Alien.Interview et traduction : Xawa, Farid